BRUNO EVRARD, LA BERLINETTE DANS LE SANG.

Réalisation au rallye des Cent Margelles. Par Lucas Ferrand et Yohann Lagnel.

NR: Bonjour M. Evrard.

BE: Bonjour, alors moi c’est Bruno, ce sera plus simple !

NR: D’accord, je tâcherais de m’en souvenir.
Pouvez-vous vous présenter
?

BE: Alors Bruno Evrard, 50 ans cette année, je travaille pour Habitat76 sur Montivilliers.

NR: D’où vous est venu la passion pour le sport automobile ?

BE: Alors dans les années 1990, je travaillais pour un atelier de confection, PATUEL, et mon patron était copain avec Jean-Luc Thérier, qui venait régulièrement déjeuner à l’atelier, et on avait sponsorisé pas mal de rallyes de la région, comme Neufchâtel, Dieppe je crois, un rallye à Buchy aussi.

NR: Sinon, depuis combien de temps pilotez-vous ?

BE: Je roule en rallye depuis une quinzaine d’années.

NR: Et comment vous est venu vraiment l’envie de piloter ?

BE: Alors déjà on allait sur les rallyes avec mon ancien boulot, et sinon j’ai toujours eu des voitures de sport, et bon au départ à 18 ans mes parents ne voulaient pas entendre parler de rallye, donc j’ai attendu quelques années avant de pouvoir passer le cap. J’y suis venu doucement, j’ai acheté une 205 GTI que j’ai mise 2 fois sur le toit, après j’ai eu une 2CV, ensuite j’ai eu une 309 GTI, et puis après une Alpine ! L’Alpine A310, que j’ai eu en rentrant du service militaire en 1990, et j’ai alors décidé de me mettre au rallye en achetant ma première Berlinette en 1998.

NR: Et parmi toutes ces voitures, laquelle a été votre voiture préférée ?

BE: La Berlinette !!

NR: De loin ?

BE: Oh que oui, de loin.

NR: Donc vous pilotez depuis une bonne quinzaine d’années, et au cours de ces années avez-vous reçu des titres ? Vous pouvez nous parler de votre palmarès ?

BE: Depuis 2015 je suis champion VHC de la ligue Normandie, j’ai été Vice-champion de France 2018 de l’indice de performance, et puis j’ai gagné 2 fois le challenge MilleMiles en 2017 et 2018, c’est un magazine spécialisé dans les mécaniques Renault qui organise un challenge, donc à chaque épreuve on marque des points. Sinon ça fait 2 ans qu’on arrive en tête à la finale de la Coupe De France des Rallyes, mais 2 fois de suite que ça ne marche pas…

NR: Peut-être cette année on espère !

BE: Cette année on est pas sûr d’aller la faire, c’est encore au Cévennes, on connait pas assez bien les routes, on est pas habitué à rouler sur des routes comme ça, si ils pouvaient faire une Finale dans le Nord, ça changerais peut-être un peu la donne !

NR: Tant que l’état des routes n’est pas identique à celui du Touquet cette année. RIRES

BE: Oui nan là le Touquet c’était beaucoup, c’était la « cata ».

NR: Sinon, quelle serait votre voiture de rêve pour le rallye ?

BE: Aujourd’hui je dirais une grosse R5 Turbo en VHC pour pouvoir suivre ceux qui sont arrivés avec des Sierras Cosworth, des M3 et tout ça.

NR: Oui, une voiture dans les grosses classes pour rivaliser !

BE: Exact ! D’autant plus qu’il me semble avoir vu Yannick Roussel remonter une Ford Escort GR4 donc là ça va envoyer !

NR: On a également eu des échos, ça risque d’être sympathique, un joli spectacle ! Et c’est vrai que depuis un moment, les listes d’engagés VHC se gonflent: le VHC se popularise grandement ! Votre avis là-dessus ?

BE: C’est très bien ! On a été assez longtemps à 4 ou 5 partants, maintenant on arrive à une dizaine, on m’a assez reproché que je ne pouvais que gagner des courses à 3 partants ! Si je devais avoir une autre voiture, je resterai en VHC, il y a une très bonne ambiance.

NR: C’est plus convivial ?

BE: Oui c’est sûr, pour l’instant les pilotes modernes qui arrivent en VH comme Philippe Gouley disent qu’il y a une très bonne ambiance.

NR: le plaisir de la mécanique domine sur la compétitivité sportive ?

BE: Oui voilà exactement.

NR: Est ce que dans votre carrière, il y a eu un moment ou une épreuve qui vous a marquée ?

BE: Oui, le rallye du Mont Blanc 2016, c’est le plus beau rallye, et aussi ça a été le plus dramatique pour moi.

NR: Comment ça ?

BE: C’était en 2016, on a fait tout le rallye, tout s’est bien passé, on a fini 15e au scratch je crois, et la personne qui me faisait l’assistance depuis le début, Dominique Lejeune, est décédé là-bas, après le rallye. Donc c’est dur. C’est à la fois le plus beau et le plus dur.

NR: Bien évidemment, on peut conclure que le rallye du Mont Blanc vous tient à cœur.

BE: Oui, et c’est d’ailleurs pour ça qu’on y retourne cette année.

NR: Et en Normandie, il y a une épreuve que vous aimez ou que voulez simplement mettre en avant ?

BE: En Normandie j’apprécie beaucoup le rallye de Dieppe, car c’était ma première victoire en 2015, et sinon Saint Germain la Campagne car on a un accueil et une remise des prix en VH, il n’en existe aucune comme ça en France !

NR: C’est à dire expliquez nous ?

BE: Les Trophées ! Quand je l’ai gagné j’ai eu un Trophée de 78cm, Saint-Germain-la-Campagne je l’ai gagné 2 fois je crois, c’est des trophées qu’on voit rarement ! C’est des très gros trophées, et l’accueil par la famille de… euh… mince j’ai pas révisé ! RIRES
Cette personne voulait absolument du VHC là-bas et est décédée l’année de la première édition VHC.

NR: Jacques Courageux ?

BE: Oui voilà c’est ça, et sa femme et ses enfants sont très sympathiques

NR: Mais c’est vrai que ST Germain la Campagne, on a beaucoup de retours positifs, des pilotes, photographes ou même spectateurs, c’est une épreuve très appréciée, avec une ambiance très conviviale et festive.

BE: Oh que oui, pour un petit village comme ça un feu d’artifice le samedi, l’apéritif tous ensemble le samedi soir, et même juste toute l’organisation c’est très bien, pour un petit village comme ça. De nombreux rallyes devraient prendre exemple.

NR: Lors de votre première interview vidéo précédent celle-ci, vous nous avez dit que vous faisiez la Course de Côte de la Forêt Auvray, quel est votre avis sur les courses de côte en général ?

BE: Je préfère quand même le rallye, on passe plus de temps à rouler. L’engagement à un rallye régional est équivalent à celui d’une course de côte, alors je préfère le rallye. Après je vais à Moulineaux car les commissaires techniques sont également les organisateurs, alors ils nous rendent assez service comme ça tout au long de l’année, on leur doit bien ça, leur travail est tout simplement bénévole il faut s’en souvenir !

NR: On parle des bénévoles, avez-vous un message à leur adresser ? Ou juste remercier quelqu’un ?

BE: Je remercie tous les commissaires, tous les organisateurs qui acceptent de prendre des VH.

NR: Et bien Bruno je vous remercie beaucoup pour m’avoir accordé votre temps.

BE: De rien, merci à vous également pour toutes les photos et vidéos, car ça nous fait de sacrés souvenirs.

NR: On a tous la même passion, c’est bien normal.

BE: Exactement, c’est pourquoi j’invite régulièrement les photographes ou autres à monter dans la voiture ou à faire un tour, c’est un partage, il n’y a aucun soucis à ça.

NR: Merci Bruno pour cette interview et alors à bientôt.

Interview écrite de Bruno Evrard réalisée par Yohann Lagnel.

51 Commentaires sur “BRUNO EVRARD

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *